Chronique 24

1268 - Le Livre des métiers

Nommé prévôt de Paris, en 1261, avec pour responsabilités majeures la justice, la police et l’administration de la cité, Étienne Boileau (1200-1270) est chargé par le roi Louis IX de codifier les règlements, les us et les coutu­mes des différentes corporations ouvrières et artisanales œuvrant dans la capitale du royaume de France.

En 1268 peut ainsi être présenté au roi le Livre des Métiers, qui recense dans le détail une centaine des 150 professions exercées localement. Paris est alors, avec 150000 habitants, la ville la plus peuplée du monde chrétien.

Ses artisans et ses commerçants sont regroupés en corporations jalouses de leur territoire et de leurs prérogatives ; nom­breux sont donc, à l’époque, les litiges, les procès et les affrontements entre forains et sédentaires, entre résidents et étrangers. D’où l’importance d’un code des métiers. 

Le document est divisé en six parties distinctes dont la dernière, incluant notamment les potiers et les écuelliers, fixe  le travail des maçons, des tailleurs de pierre, des plâtriers et des morteliers. Selon ses dispositions :

• Nul ne peut avoir en son métier qu’un apprenti, et ne peut le prendre pour un service moindre de six années ; mais il peut le prendre plus longtemps contre argent [salaire].

• Tout maçon, tout mortelier, tout plâtrier doit jurer sur les saints qu’ils pratiquera bien et loyalement le métier, chacun pour ce qui le concerne.

• Nul ne peut travailler après midi (none) sonné à Notre-Dame en charnage, et en carême le samedi, puis lorsque les vêpres ont été chantées à Notre-Dame, si ce n’est à une arche ou un escalier fermé, ou à une huisserie donnant sur la rue. 

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 © Guy Chassagnard - Auteur du  : Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Éditions Segnat, 2016, exclusivité Amazon).

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