Chronique 22

1246 - La maison de l’Œuvre Notre-Dame

Selon l’imaginaire « populaire » maçonnique, il y a, aux premiers temps de la Maçonnerie opérative, une cathédrale en construction, avec ses tailleurs de pierre et ses maçons –venus librement des quatre coins de l’Europe.

À l’ombre de l’édifice s’étend et se dresse la « Loge », à la fois chantier de travail, groupement d’ouvriers, ou encore cabane à outils dans laquelle les membres de la confrérie se réunissent et forment les apprentis. L’image est séduisante, sauf qu’aucun document écrit ou dessiné n’a jamais prouvé l’existence, à l’époque médiévale, d’une telle pratique.

Il existe toutefois sur notre terre française un lieu propice aux rêveries maçonniques : Strasbourg.Dressons le décor : devant nous la cathédrale ; à droite, à quelques dizai­nes de mètres, deux bâtiments distincts aux toits pentus encadrant une salle obscure : le lieu de réunion légendaire des ouvriers du Métier.

Car il y a bien eu à Strasbourg des tailleurs de pierre (Steinmetzen) et des maçons itinérants (Freimaurer), organisés en « Grande Loge » (Bauhütte) – du Saint-Empire romain germanique –, tenant ici, pendant des géné­rations, leurs débats à la Maison de l’Œuvre Notre-Dame. 

Si la cathédrale de Strasbourg mérite que l’on vienne de loin à seule fin d’admirer ses portails, pilastres, statues et vitraux, la « maison » voisine ne peut être ignorée : s’y trouve en effet implanté l’un des plus intéressants musées du mon­de, avec sa « salle voûtée des tailleurs de pierre ». 

Pour mémoire la cathédrale de Strasbourg a été commencée en 1015 ; la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame a été fondée en 1246 ; la maison de l’Œuvre a été édifiée de 1347 à 1579 ; enfin, l’architecte Jobst Dotzinger, a été élu en 1459, grand maître de « toutes les Grandes Loges » d’Allemagne.

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 © Guy Chassagnard - Auteur des : Anciens Devoirs (Éditions Pascal Galodé, 2014).

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