Chronique 21

1189 - La défiance des papes

Pourchassés et persécutés aux premiers temps de l’ère chrétienne, les papes de l’Église catholique ont profité de la chute de l’empire romain pour asseoir leur autorité et devenir de puissants seigneurs. Au VIIIe siècle, Étienne II, le 92e évê­que de Rome, se voit ainsi reconnaître la possession de vastes terres con­quises sur les Lombards par Pépin le Bref. 

Sous le pontificat de Jean XXII, au XIIIe siècle, les « États pontificauxo» s’éten­dent sur sept provinces de la péninsule italienne et incor­porent plusieurs enclaves situées dans les royaumes voisins de Naples et de France (avec Avignon et le com­tat Venaissin). 

Il faudra attendre 1929 pour que l’« État de la cité du Vatican » devienne le plus petit des États du monde, avec moins de… 1000 habitants et moins d’un km2.

Seigneurs, sinon souverains, les papes de Rome ont pendant plus de douze siècles dirigé leurs États d’une main de fer ; n’hésitant pas à faire usage de l’excommunication pour annihiler toute opposition.

• Première action de la défiance papale relevée lors de l’organisation, en cette année 1189, du concile de Rouen. On y décide l’excommunication des « confréries clandestines » dont les membres se réunissent régulièrement, prêtent serment, revêtent des tenues particulières et promettent de se porter secours mutuellement.

• Au concile d’Avignon, en 1326, sera prononcée la suppression des sociétés, ligues et conjurations, « désignées sous le nom de confréries ».

• Quatre siècles plus tard, soit en 1738 et 1751, les papes Clément XII et Benoît XIV n’hésiteront pas, par voie de bul­les papales. à s’en prendre aux « Liberi Muratori », c’est-à-dire aux tailleurs de pierre et aux maçons.

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 © Guy Chassagnard - Auteur de : La Légende d'Hiram (Éditions Pascal Galodé, 2013).

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