Chronique 20


1150 - La Loge de Kilwinning

La querelle apparut dans les consciences écossaises à la fin du XVIe siècle, lorsque William Schaw (1549-1602),  maître des travaux de Sa Majesté (Jacques VI) et « surveillant général du Métier », voulut réglementer le travail des tailleurs de pierre et des maçons d’Écosse. 

La Lodge of Edinburgh fut alors placée à la première place de son matricule, en tant que « première et principale Loge d’Écosse » ; mais survinrent, tout aussitôt, les membres de la Lod­ge of Kilwinning, affirmant sur l’honneur que leur « com­pagnie » avait plus de quatre siècles d’existence.

Des propos des plaignants, il ressortait qu’une loge avait été créée à Kilwinning, ville peu éloignée de Glasgow, dès les premiers travaux de construction d’une abbaye menés  par des moines bâtisseurs d’origine irlandaise, qui avaient par ailleurs reçu du pape l’au­torisation de se proclamer « maçons libres » (Free Masons) ; bien qu’aucun document ne puisse être produit relevant d’une date antérieure à… 1642.

L’ordre de préséance des loges écossaises devait demeurer en l’état jusqu’en 1807 quand, finalement, la Grande Loge d’Écosse admit que si la Loge d’Édimbourg méritait bien d’être placée à la première ligne de son matricule, il y avait lieu d’accorder une faveur spéciale à la Loge de Kilwinning, en lui accordant le nombre « 0 ».

Ainsi la Loge d’Édimbourg, toujours en existence, peut-elle encore se prévaloir d’être « officiellement » la première des Loges d’Écosse, quand la Loge de Kilwinning, toujours en activité, s’honore d’être « la plus ancienne » des loges écossaises. L’honneur est sauf… 

A noter que tant que dura la discorde écossaise, la Loge de Kilwinning se fit Loge-Mère de Kilwinning, créant de par le monde quelque 70 loges-filles.

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 © Guy Chassagnard - Auteur du : Mémento du franc-maçon

(Éditions Pacal Galodé - Alphée, 2012).

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