Chronique 19


926 - Les incohérences de l'Histoire

Des Anciens Devoirs anglais qui les avaient élaborées, et des Constitutions d’Anderson qui les officialisèrent furent établies dans l’Histoire maçonnique universelle la Légende d’Athelstan et la trop célèbre, mais hypothétique Charte d’York de 926. Bon nombre d’historiens, du XIXe siècle notamment, ont sérieusement traité de ces sujets sans jamais les remettre en doute ; mais aussi sans pouvoir avancer la moindre preuve concernant leur authenticité. 

Emmanuel Rebold, auteur d’une Histoire générale de la Franc-Maçonnerie, parue en 1851, n’a pas été le premier, ni le dernier à mélanger allègrement des informations incontrôlables, ou incontrôlées, issues des textes maçonniques anciens, des Constitutions d’Anderson déjà citées, de prétendus manuscrits dits manuscrits d’York recensés dans les archives de la Grande Loge de toute l’Angleterre – un temps rivale de la Grande Loge d’Angleterre –, voire des ordonnances du chapitre de la cathédrale d’York promulguées en 1370...

Si la ville d’York a bien été le cadre, en l’an 306, de la proclamation de Flavius Constantinus (272-337) comme 34e empereur romain, le lieu de naissance, en 735, d’Alcuin d’York, érudit, poète et conseiller de Charlemagne ; si elle a vu l’érection en ses murs, dès 1080, d’une cathédrale appelée à devenir le siège du second épiscopat d’Angleterre ; si elle a été conquise sur les rois de Northumbria, en... 927, par un autre souverain nommé Athelstan (c.893-939) ; elle n’en a pas pour autant été, dans l’absolu, témoin de l’implantation officielle de la Maçonnerie opérative en terre britannique. 

La charte d’York est donc, à n’en point douter, apocryphe – à ceci près que jamais personne n’est parvenu, à ce jour, à en révéler le contenu.

----------

 © Guy Chassagnard - Auteur de : Les Annales de la Franc-Maçonnerie

(Éditions Jean-Paul Bertrand - Alphée, 2009).

----------

 MISCELLANEA.FR  -  © Guy Chassagnard  -  2017