Chronique 18


926 - L'hypothétique charte d'York

Pour assurer « l’instruction future des candidats et des jeunes frères », James Anderson s’est plu à présenter, dans ses Constitutions de 1723, « une chronique des Francs-Maçons, écrite sous le règne du roi Édouard IV », écrivant : 

« Bien que les archives anciennes de la Fraternité aient été en grande partie détruites ou perdues durant les guerres avec les Saxons et les Danois, le roi Athelstan, premier roi sacré en Angleterre, et traducteur de la sainte Bible en saxon, fit construire beaucoup de monuments importants et apporta son soutien à de nombreux maçons venus de France… 

« Le plus jeune fils du roi [en réalité son demi-frère], le prince Edwin, apprit la Maçonnerie et assuma les obligations de Maître Maçon, par amour pour ce métier et les principes respectables sur lesquels il était fondé. Il sollicita du roi Athelstan, son père, une charte autorisant les Maçons à avoir le droit de punition (comme on disait dans le temps), ou le droit de s’administrer, d’amé­liorer ce qui n’allait pas, et de tenir une assemblée annuelle.

« En conséquence, le prince Edwin invita tous les Maçons du royaume à se joindre à lui pour tenir une assemblée, à York. Ils y vinrent et formèrent une Grande Loge dont il fut le Grand Maître ; ils avaient apporté avec eux tous les écrits et toutes les archives qui existaient alors (certains en grec, d’autres en latin, en français, ou en d’autres lan­gues). 

L’assemblée utilisa ces documents pour établir la Constitution et les Obligations d’une Loge anglaise, édicta une loi pour que cette Constitution fût toujours respectée, et ordonna que les Maçons opératifs fussent pourvus d’un bon salaire… »

Problème évident : Il n’a jamais été produit, dans toute l’histoire maçonnique, la moindre copie de la charte d’York.

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 © Guy Chassagnard - Auteur de : La Loge & ses Officiers

(Éditions Jean-Paul Bertrand - Alphée, 2010).

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