Chronique 17


297 - Carausius et saint Alban

Premier fait d’actualité « maçonnique » cité par Claude Antoine Thory dans ses Acta Latomorum, ou Chronologie de l’His­toire de la Franche-Maçonnerie (1815) : 

« Carausius, né dans la Gaule Belgique et mort en 293, se fait reconnaître empereur par les légions de la Grande-Bretagne. Ce général, qui voulait fonder l’empire breton, encourage les arts et particulièrement celui de la Maçonnerie. 

« Il donne à Albanus, intendant de sa maison (connu sous le nom de saint Alban, premier martyr de l’Angleterre), la direction particulière des ouvriers maçons, auxquels il accorde des franchises et la permission de s’assembler sous sa protection.

« Preston a dit qu’il existait autrefois un ancien manuscrit qui a été perdu, dans lequel on lisait que saint Alban avait protégé la Confraternité des maçons ; que l’empereur Carausius avait autorisé une réunion annuelle qu’on nommait Assemblée générale. 

« Selon ce manuscrit, saint Alban fut nommé gouverneur et intendant de la Maçonnerie ; les ouvriers recevaient deux schellings par semaine et trois sous pour leur dîner. On les appelait les Frères Maçons. »

Problème ! Carausius et saint Alban sont contemporains, mais rien ne prouve qu’ils ne se soient jamais rencontrés. Claude-Antoine Thory ne révélant pas ses sources et si l’on tient compte de sa fâcheuse tendance à l’approximation, il est difficile de lui accorder le moindre crédit.

Ce que l’on sait c’est que Carausius (Marcus Aurelius Valerius), chargé par Rome de défendre les côtes breton­nes, se fit « empereur romain des Gaules » avant d’être assassiné en  293 ; et que saint Alban (Alban de Verulamium), premier martyr d’Angleterre, fut lui-même décapité en 283.

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 © Guy Chassagnard - Auteur de : Pourquoi & Comment on devient franc-maçon (Éditions Jean-Paul Bertrand - Alphée, 2008).

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