Chronique 14


An 1 - Anno Domini Nostri Iesu Christi 

Si le terme latin Anno Domini qualifie, comme chacun sait, « l’Année du Seigneur », l’expression Anno Domini Nostri Iesu Christi se rapporte littéralement à l’année de la naissance du Christ telle que celle-ci a été évaluée au VIe siècle… après Jésus-Christ.

C’est au moine scythe Denys le Petit, mort à Rome vers 540, qu’a incombé la mission d’établir une datation précise, tenant compte des textes bibliques, de l’histoire (connue) de l’empire romain et des mesures du temps alors pratiquées. Il s’agissait pour lui d’arrêter une fois pour toutes la date de Pâques. 

Ont notamment servi de base à la datation deux personnages contemporains du Christ : Quirinius et Hérode.

Décrétée « An 1 », cette année inaugure l’ère chrétienne, également appelée ère commune, ère conventionnelle ou – plus simplement – notre ère. Alors que l’ère maçonnique entend placer, à l’imitation du révérend James Anderson dans son Livre des Constitutions (1723), sa première année à la création d’Adam, soit 4000 ans plus tôt dans l’histoire du monde –l’an 1 devenant ainsi l’année maçonnique 4001.

Sans entrer dans le détail de longs et savants calculs, retenons que c’est à partir du 1er janvier de l’an 1, jour de la circoncision du Christ, né sept jours avant selon Denys le Petit, que l’Église catholique romaine a décidé, en l’an 532, de compter les années de notre ère chrétienne – l’année 2017 après J.-C. étant de ce fait la 2017e année après la circoncision du Christ et non après sa naissance.

Il est à noter qu’une « année zéro » a été inventée en 1740 par Jacques Cassini dans ses Tables astronomiques ; celle-ci, qui précède l’an 1 de l’ère chrétienne, n’intéresse que les astronomes et les mathématiciens.

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© Guy Chassagnard - Auteur des Annales de la Franc-Maçonnerie

(Éditions Jean-Paul Bertrand, 2009).

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