Chronique 04

1580 avant J.-C. - Le village de Deir el-Medineh

Implanté depuis plus de trois millénaires en Haute Égypte, non loin de Louxor (Thèbes) et de la Vallée des Rois, le village de Deir el-Medineh n’a jamais eu aucun lien, tant en matière de temps que de lieu, avec la Franc-Maçonnerie spéculative contemporaine ou opérative d’antan. 

Il est pourtant cité dans bon nombre d’écrits ayant pour vocation de déterminer les origines du Métier ; à seule fin de prouver que les groupements d’ouvriers, remontant aux temps les plus reculés, contenaient déjà les germes des confréries et guildes du futur. 

Car le village égyptien a une particularité évidente, celle d’avoir été édifié pour héberger, dans un cadre très élaboré, les artisans et les ouvriers affectés à la cons­truction des temples funéraires des pharaons et de leurs pro­ches.

Les habitants de Deir el-Medineh sont à l’origine d’une grande partie des tombes et des temples relevant des règnes des Amenhotep, des Thoutmôsis, des Ramsès et de Toutânkhamon ; sans oublier la construction du temple de la reine Hatchepsout – soit pendant une période s’étalant tout au long du Moyen Empire égyptien, de la 18e à la 20e dynastie (années -1550/-1069). 

A son apogée, le village était long d’une centaine de mètres et large d’une cinquantaine. Ceint d’un mur, haut de cinq mètres, il ne comportait qu’une seule porte gardée de jour comme de nuit.À l’intérieur, réparties de part et d’autre d’une rue centrale, se dressaient soixante-huit maisons individuelles de bri­ques crues.

Les travailleurs étaient répartis en deux équipes égales, assurant chacune un travail continu de huit journées. Leur salaire, bien plus élevé que celui pratiqué dans les autres régions d’Égypte, était versé en nature.

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© Guy Chassagnard - Auteur de La Franc-Maçonnerie en Question et en 250 réponses (chez Dervy).

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